Clotaire Renaud

Pourquoi 24 heures et non 20 ou 100 heures par jour ?

Les verrous techniques hérités par l'insuffisance de connaissances ou de techniques au lancement d'un projet.

Un jour, il a fallu trancher et quelqu'un a eu cette idée saugrenue d'imposer 24 heures et non 20 ou 100. Alors je pose la question pourquoi il y a 24 heures dans un jour et 60 minutes dans une heure, 60 secondes dans 1 minutes et par contre 100 millième de seconde !
Non mais franchement, quel est cet énergumène qui a proposé une base 24 pour les heures, une base 60 et les centièmes en base 10. De prime abord, cela ne semble pas très efficace... Et les conséquences restent tangible sur notre quotidien plusieurs siècles après l'édiction de cette norme.

Tour d'horizon des points de vue

Le point de vue de mon patron

Pour lui, la question serait plutôt pourquoi les jours ne font que 24h. Donc mon patron a été séduit par l'idée d'avoir une centaine d'heure par jour pour deux raisons essentiels :

  • d'abord la journée du patron, qui ne compte pas ses heures, est toujours trop petite. "Ah il est 21h ! Non j'ai déjeuné il y a à peine 20 min"
  • vu le coût du travail en France, il pourrait être compétitif d'instaurer la journée de travail à 48h ! Je vous laisse imaginer le gain de compétitivité par rapport aux autres pays qui resterait à 24h !

Bon alors, vous avez compris, mon patron a fait une école de commerce et n'a pas intégré la question d'un point de vue technique comme moi !
Je parlais évidemment de conserver la durée absolue de la journée qui est liée à la rotation de la terre autour du soleil. A moins d'un cataclysme, on gagnera pas plus d'un pouième de seconde !

Le point de vue du stagiaire

Il a le même raisonnement que le patron, mais voudrais que les journées de travail ne fasse que deux heures... Bizarre il a fait une école d'ingénieur.

Le point de vue du développeur

Ce serait quand même plus simple d'avoir une base 10 pour compter quand même. Heureusement les Linuxiens ont inventé le temps UNIX qui égraine des secondes depuis 1970, ça en fait un paquet ! Mais au moins c'est de la base 10.
En effet, cette histoire farfelue de devoir compter en base 60, ça nous oblige à avoir des objets dédiés, ça gaspille du temps, de l'énergie et de l'argent...
En génie logiciel, des conventions (ou options) comme celles-ci il y en a plein. Vous comprenez donc aisément par ce petit exemple qu'une convention peut vous faciliter la vie ou vous enquiquiner. Je recommande toujours le pragmatisme et la simplicité. Il y a assez de tordus qui définissent les règles et les normes auxquels nos logiciels ne peuvent échapper sans pour autant ajouter nos propres contraintes d'informaciens.

La vraie histoire de la mesure du temps

Enfin le point de vue des babyloniens
Pour les 24 heures, les babyloniens comptaient à l'origine 6 divisions du temps le matin et 6 le soir. Pour avoir plus de précision, ils ont divisés par deux chaque temps faisant ainsi 12h le matin et 12h l'après-midi. Pour avoir plus de précisions encore, ils ont divisés une heure en 60. Ils ne comptaient pas en base 10 mais en base 60 pour une raison très simple : il n'avait pas de calculette électronique. Or 60 est un chiffre qui se divise par énormément de diviseurs sans faire de virgule (1, 2, 3, 4, 5, 6) !
 

Conclusion : les contraintes d'hier évoluent. Les conventions prises pour se simplifier la vie il y a très très longtemps ont des répercutions encore aujourd'hui. Dans le développement d'un logiciel, certaines fonctionnalités nécessitent de prendre des "options" logicielles dont il  importe d'étudier les répercutions à long terme. S'il peuvent être salvateur aujourd'hui, cela peut devenir un boulet indépassable demain. Alors si certaines conventions ont encore cours aujourd'hui et sont dépassable, imaginez une mauvaise décision d'architecture logicielle prise négligeament.

 

Crédits photo : Mr Montre